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Dossier – Mexico en panne d’essence ! Le pays entre pénuries et sabotages d’oléoducs !

Un important oléoduc alimentant Mexico en carburant a été mis hors service, ayant subi deux ruptures en une seule journée, et le gouvernement s’efforce de remédier à une situation qui met en colère les automobilistes et fragilise l’économie de la capitale mexicaine.

L’offensive lancée par Andres Manuel Lopez Obrador contre les voleurs de carburant constitue la première épreuve de force engagée par le président de gauche contre la corruption depuis son entrée en fonctions le 1er décembre.

Des bandes criminelles ponctionnent du carburant sur des oléoducs et interceptent des camions-citernes depuis des années dans le pays, ce qui coûte des milliards de dollars à l’Etat.

Les autorités ont annoncé vendredi qu’elles chargeraient 8.300 policiers et 1.400 véhicules des forces de l’ordre d’assurer au cours des 48 heures à venir la sécurité des camions-citernes chargés d’approvisionner les stations-service de la capitale, a annoncé la Chambre nationale du transport de fret (Canacar).

Un oléoduc reliant la ville portuaire de Tuxpan, au bord du Golfe du Mexique, à Mexico a été fermé jeudi soir et des réparations ont été entreprises, a déclaré vendredi le président mexicain.

Cet oléoduc a été la cible jeudi matin d’un sabotage et réparé, mais une autre rupture s’est produite dans le courant de la journée. « Il s’agit d’un sabotage », a affirmé le chef de l’Etat.

Vendredi, les voitures faisaient la queue par dizaines aux stations-service de la capitale, parfois dès l’aube, par crainte de pénuries de carburant.

Le directeur de la Banque centrale du Mexique a estimé jeudi que l’économie et le taux d’inflation risqueraient d’être affectés négativement si les problèmes de distribution du carburant demeuraient.

Le week-end dernier, la fermeture d’un oléoduc partant de la raffinerie de Salamanca, dans l’Etat central de Guanajuato, avait déjà entraîné la fermeture de nombreuses stations-service.

Article du 09 janvier 2018 – La lutte contre les « huachicoleros » aboutit à une crise d’approvisionnement d’essence au Mexique !

Depuis plusieurs jours une crise majeure d’approvisionnement des carburants secoue le Mexique, conséquence directe de la stratégie de lutte du nouveau gouvernement AMLO contre les siphonnages illicites des installations pétrolières de la Pemex connu sous le nom de « huachicoleros » et la revente d’essence sur le marché noir…

Des queues interminables dans les stations-essences. Des milliers de conducteurs en panique et des achats intempestifs d’essence de la part de clients désespérés, voila les scènes que décrivent les médias de villes importantes comme Mexico, Toluca, Guadalajara ou Léon depuis plusieurs jours !

Le président Andrés Manuel López Obrador (AMLO) a souhaité rassurer les mexicains hier soir sur le plateau de Silla Rojo, une émission de TV nationale, en indiquant que le pourcentage de stations Pemex concernées par le manque d’approvisionnement était limité et que la situation se stabiliserait dans les jours à venir.

Un pillage organisé par l’état lui-même !

Le phénomène des « huachicoleros », qui dure depuis des années et qui coûte la bagatelle de 60 milliards par an, soit 3 milliards de USD à l’état fait l’objet d’un réel combat de la part du nouveau gouvernement qui souhaite y mettre un terme et récupérer une situation légale, morale et financière désastreuse et coûteuse pour l’état.

Plus de 10.000 siphonnages ont été enregistrés en 2017 sur les canalisations de Pemex contre seulement 186 en 2012, selon des chiffres officiels.

Le combat est économique bien sur mais également politique puisque les autorités ont souligné que les gouvernements Fox (PAN 2000-2006), suivi de celui de Felipe Calderon (PAN 2006-2012) puis Peña Nieto (PRI 2012-2018) seraient directement impliqués dans ce qui s’avère être un pillage organisé avec la complicité de hauts cadres de la société d’état Pemex, du SAT (ministère des finances), des autorités locales et même les militaires. Une enquête est d’ailleurs actuellement ouverte contre le général Eduardo León Trauwitz des forces militaires terrestres qui travaillait pour la Pemex.

Que se passe t’il?

La stratégie décidée par le gouvernement fut dans un premier temps de fermer les vannes de 4 des 13 oléoducs de la Pemex de manière à couper l’herbe sous le pied aux « huachicoleros » mais en perturbant l’approvisionnement rapide des carburants vers les états de Mexico, Michoacán, Guanajuato, Aguascalientes, Jalisco, Querétaro et Tamaulipas. En remplacement, l’approvisionnement se fait par camions -citernes plus long à organiser mais plus sur !

Le président AMLO reconnaît que cette stratégie génère des problèmes et des inconvénients mais les chiffres sont éloquents.

De 787 camion-citernes à moins de 177 voila en quantité volée ce qui fut récupéré depuis le lancement des opérations qui implique maintenant plus de 4900 militaires des forces armées, venues en rescousse pour sécuriser les raffineries et les divers points névralgiques de l’approvisionnement. « C’est plus de 2,5 milliards de pesos économisés, plus de 8500 citernes équivalent a un convoi de plus 80 kms de long si nous devions les mettre bout à bout » a indiqué le président mexicain !

Un marché noir très lucratif 

L’autre conséquence c’est la déstabilisation de l’approvisionnement lié au marché parallèle mis en place depuis des années avec la complicité des stations-essences officielles de la Pemex mais propriété de nombreux particuliers.

En clair certaines stations achetaient en moyenne moins de la moitié des besoins mensuels en combustibles en payant leur approvisionnement en avance sur les comptes officiels de la Pemex, le solde étant livré en parallèle et payé sur des comptes divers, mais non déclarés, avec à la clé une ristourne sur le prix de l’essence et sans taxes bien sur !

Aujourd’hui seules les quantités déclarées « officiellement » sur les registres de la Pemex sont livrées et du coup les stations impliquées dans le marché noir ne reçoivent plus les combustibles réellement vendus dans le mois  ! Les stations en rupture de stock sont donc directement impactées par l’absence de marché noir et sont du coup prises au piège par les autorités qui ne manqueront pas d’examiner leurs comptes!

Les stations-essences doivent donc reprogrammer leurs besoins et cela prendra plusieurs jours voir plusieurs semaines compte tenu des contraintes administratives et financières exigées par la Pemex !

Le président AMLO a d’ailleurs indiqué que les oléoducs resteront fermés jusqu’à nouvel ordre tant que les “huachicoleros” ne cesseront pas leurs activités illicites sur l’ensemble du réseau d’approvisionnement et ce malgré l’insistance des gouverneurs qui souhaitent que la situation soit rapidement rétablie.

La rédaction – (www.laprensafrancesa.com.mx)

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