L’ambassade de France au Mexique célèbre la Fête Nationale du 14 juillet 2018 !

L’ambassadrice de France au Mexique, Anne Grillo, a célébré la Fête Nationale au Club France, en présence des membres de la communauté française et de nombreuses personnalités du monde politique, économique, scientifique et culturel au Mexique.

Discours de Anne Grillo :

Chères autorités, monsieur le vice-ministre Carlos de Icaza, chères amies et chers amis,

Quand je me suis présentée à vous l’année dernière, tous les regards étaient tournés vers la France et son nouveau Président élu. Aujourd’hui, tous les regards sont tournés vers le Mexique. Votre pays vit un moment historique, une alternance profonde et inédite, avec une transition organisée et responsable.

La capacité de nos pays démocratiques à faire face à de tels changements, à répondre aux aspirations de nos peuples et la capacité de nos institutions à les assumer est une grande force.

Tout changement est forcément un pari sur l’avenir. Cela peut bousculer. Cela peut inquiéter. Mais au final, quel exemple et quel espoir le Mexique offre à la communauté internationale !

Ce changement ne modifie en rien la perception que la France a du Mexique et de ce que nous souhaitons faire avec vous.

Le discours en espagnol

Le Mexique était et demeure un allié naturel de la France, pour deux raisons simples et majeures :

Tout d’abord, le Mexique est LA puissance montante d’Amérique latine, par son poids démographique et par son potentiel économique, bien sûr, mais aussi parce qu’il est une « puissance pivot » : puissance horizontale, à la fois tournée vers sa façade pacifique (comme le montrent l’accord de Partenariat Trans pacifique et, l’Alliance pour le Pacifique qui se réunira à Puerto Vallarta dans quelques jours) et vers sa façade atlantique, en direction de l’Europe notamment. Mais aussi puissance verticale, à cheval entre l’Amérique du nord et l’Amérique du sud où le Mexique joue un rôle de premier plan dans des enceintes comme la Communauté des Etats latino-américains et l’Organisation des Etats américains.

Le Mexique est observateur à l’Organisation internationale de la Francophonie ; il est le seul pays latino-américain à la fois membre du G20 et de l’OCDE ; un pays respecté et écouté aux Nations unies parce qu’il est une puissance de paix.

Dans un monde où la tentation est au repli sur soi, à l’heure des choix – oui, savoir décider et savoir prendre position sont la responsabilité des grands pays-, il nous faut, les uns et les autres, compter sur nos vrais amis.

Ainsi lorsque le Président Emmanuel Macron, à peine élu, a proposé un Sommet pour la Planète, deux ans après la conférence de Paris sur le climat, pour s’assurer des engagements pris avec un Pacte pour l’environnement, le Mexique a été le premier pays à s’engager.

Dans le même esprit, le Mexique, chef de file sur le pacte mondial sur les Migrations avec la Suisse, a reçu hier le soutien résolu de la France et de l’Union Européenne pour la conclusion de cette négociation.

La seconde raison qui fait du Mexique un allié naturel de la France, c’est tout simplement vous, chers amis mexicains. La force de ce pays réside dans le talent de ses femmes et ses hommes. Pendant un an j’ai beaucoup voyagé à travers le pays. J’ai rencontré des personnes de tous horizons. Je voulais vous connaître mieux. J’en tire quatre convictions :

Vous êtes talentueux. Certes il y a vos grands groupes, portes drapeaux prestigieux du Mexique aux 4 coins du monde ; Mais votre pays recèle plein de « pépites », de jeunes talents cachés. Je pense en particulier aux associés mexicains du réseau de jeunes entrepreneurs et startepeurs français qui m’ont impressionnée. Je pense aussi aux lauréates mexicaines du concours lancé par le réseau des 40 villes les plus innovantes contre le changement climatique. Et je n’oublie pas la belle équipe du TRI qui nous a fait rêver dans cette coupe du monde !

Vous êtes généreux. Et ce n’est pas une parole en l’air. La solidarité dont vous avez fait preuve lors du double séisme de septembre force l’admiration. C’est aussi pour cela que la France est à vos côtés pour la reconstruction du patrimoine endommagé. Nos deux ministres de la culture ont signé en avril un accord de partenariat en ce sens et nos experts interviendront, avec leurs homologues mexicains, sur deux édifices en particulier (à Puebla et à Xochimilco).

Vous êtes courageux. Dans mes premiers mois à Mexico, ce courage a pris le visage et la voix de trois femmes exceptionnelles : deux grandes journalistes : Daniela Rea, la lauréate de notre prix Breach/Valdez du Journalisme et des Droits de l’Homme que l’ambassade vient de créer avec l’AFP, les Nations unies et la Ibero ; et Anabel Hernández que j’ai décorée de la Légion d’Honneur. Toutes deux ont enquêté au péril de leur vie sur la violence et la corruption. Sans oublier Sœur Consuelo, lauréat de notre prix franco-allemands des droits de l’Homme, pour son action auprès des familles de personnes disparues.

Vous êtes ouverts. Je l’ai mesuré dans les salles pleines, au festival Cervantino où la France a été l’invitée d’honneur en octobre dernier, et à l’UNAM il y a un mois lorsque Cédric Villani, notre médaille Fields, évoquait les enjeux de l’intelligence artificielle.

En arrivant l’année dernière, je pensais que le Mexique était un grand pays. Un an après, je le sais.

C’est pour cela que je vous propose de continuer à aller de l’avant, en renouvelant notre Alliance. Sur des projets concrets, au bénéfice de nos deux pays et de nos deux peuples, où chacun peut apprendre de l’autre, dans la confiance et le respect.

Dans cet esprit, je vous propose de travailler dès aujourd’hui sur 4 chantiers :

Préparer la 4ème révolution industrielle en formant les jeunes mexicains aux métiers de demain. L’enjeu est considérable : 80% de nos jeunes aujourd’hui feront dans 10 ans un métier encore inconnu. Et au Mexique en particulier, l’industrie représente 32% du PIB avec une forte concurrence d’autres grands pays émergents. Nous avons engagé cette mutation en France avec une vision particulière : au lieu de simplement automatiser, robotiser ou numériser l’outil de production, autorités et grandes entreprises technologiques travaillent ensemble sur la requalification des emplois.

Mieux protéger nos citoyens.

En participant à la formation de vos magistrats et de vos policiers, et en redonnant ainsi confiance aux Mexicains dans les institutions qui les protègent. En France, un important travail a été fait dans nos écoles de formation de magistrats et des policiers qui peuvent aujourd’hui partager cette expérience avec le Mexique comme elles le font avec d’autres pays.

Si la formation est une dimension essentielle d’une politique de prévention, mais elle ne suffit pas. Les institutions doivent réagir vite et bien aux délits. A cet égard, le Mexique a des expériences originales et efficaces. Je pense à la coordination nationale anti séquestration (CONASE) avec laquelle nous travaillons depuis la nécessaire attention aux victimes jusqu’aux indispensables techniques d’investigation. A l’instar de cette coopération, nous pouvons travailler dans d’autres domaines.

En soutenant plus particulièrement certaines catégories de personnes. Je pense aux femmes notamment. Elles sont dans ce pays – comme dans tant d’autres- un vecteur de changement. Avec l’appui d’ONU mujeres, j’ai accepté d’animer pendant un an, le travail des ambassades et des agences internationales engagées en faveur des femmes, en lien avec les associations mexicaines. Vous pouvez compter sur moi, mais aussi sur toutes mes collègues ambassadrices et directrices d’agences pour que ce travail conduise à des actions concrètes et réalisables qui puissent permettre d’alimenter les politiques des autorités mexicaines en matière de droits de l’Homme et d’égalité hommes/femmes.

Rendre nos sociétés plus justes.

Par l’éducation. En participant à la formation des professeurs et des directeurs d’écoles. En multipliant nos échanges croisés de médecins, d’ingénieurs, d’artistes et de scientifiques. A la fin du mois de juillet, 450 jeunes mexicains partiront en France dans le cadre des programmes de coopération emblématiques que nous avons avec le CONACYT et le ministère de l’Education mexicain.

Dans le domaine de la santé, par des projets permettant l’accès aux soins des populations les plus vulnérables. : le développement d’un réseau de services d’urgence, à partir de l’expérience réussie du SAMU de Puebla ; la participation au développement de centres de soins, dans le cadre de notre coopération entre l’APHP et l’IMSS (sécurité sociale mexicaine).

Chers amis mexicains, vous pouvez compter sur nous, la France, les Français et l’ « équipe France au Mexique », nous sommes à vos côtés.

Mais la France, c’est aussi l’Europe. Et l’Europe peut beaucoup apporter au Mexique. La rénovation de l’accord global UE/Mexique ouvrira de nouvelles perspectives commerciales. Mais l’Europe ce n’est pas seulement un marché, c’est aussi un projet politique moderne et un projet de paix. La paix et la réconciliation ont été le moteur de la construction de cet espace politique unique au monde. Cette expérience démocratique, l’Union européenne et ses Etats membres peuvent la partager avec vous.

Ce que nous voulons faire dans notre relation bilatérale pour le développement durable et inclusif de nos sociétés, il faut aussi que nous puissions, ensemble et dans le même temps, le promouvoir à l’échelle mondiale. Tous les sujets sur lesquels nous travaillons sont en effet des défis mondiaux.

Chers compatriotes

Le Mexique s’est profondément modernisé. Il a prouvé sa capacité à résister aux crises. Il évolue. Vous l’aurez compris : pour la France, le Mexique a vocation à être une grande puissance. Une puissance pouvant contribuer à la stabilité du monde dans lequel nous vivons où aucun pays ne peut, seul et de manière unilatérale, durablement influer sur le cours des évènements.

Je sais que certains d’entre vous en sont déjà convaincus. Je pense notamment à vous, entrepreneurs français, qui n’avaient jamais cessé d’investir dans ce pays. En seulement deux ans, les entreprises françaises ont investi 4 milliards USD contre 7 milliards en 15 ans, entre 2000 et 2015. Depuis un an, je le vis personnellement en participant à un nombre conséquent d’inaugurations de vos nouvelles usines.

Nous pouvons probablement faire plus dans la relation qui nous unit à ce pays et aux Mexicains qui nous accueillent, que nous soyons de passage ou que nous y ayons pris racines.

J’évoquais il y a un instant « l’équipe France au Mexique ». Je songeais surtout à vous en disant cela. Vous avez un rôle à jouer que vous soyez conseillers consulaires, consuls horaires, chefs d’entreprises, chercheurs, artistes, bénévoles d’associations, professeurs, étudiants, journalistes !

Sur tous les chantiers que j’ai évoqués, vous pouvez apporter votre contribution. Par exemple, entreprises françaises, vous avez au Mexique vos usines parmi les plus modernes au monde dans des secteurs-clés de son économie (aéronautique, santé, automobile, agroalimentaire) et des centres de recherche et d’innovation dont l’expertise peut être mise à profit pour former les ingénieurs de demain dont le Mexique a besoin, et dont vous allez avoir également besoin. Vous êtes également nombreux, dans des associations françaises, à travailler sur des projets de développement solidaire, sur l’autonomisation des femmes, sur les populations autochtones.

Je compte sur vous pour continuer à porter hauts les couleurs de la France, une France qui bouge, qui fait entendre sa voix, une France créative, généreuse et solidaire. A l’image de votre mobilisation à tous, associations, écoles, familles, entreprises, élus, lors des séismes qui ont meurtri le Mexique en septembre.

Restons collectivement à la hauteur des valeurs qui nous unissent et que nous célébrons en ce 14 juillet : Liberté, Egalité, Fraternité.

***
Je terminerais en remerciant ceux qui nous permettent d’être réunis aujourd’hui : vous, Monsieur le Président du Club France, très cher Albert Weil pour votre générosité constante ; tous nos sponsors pour leur fidélité et confiance ; à mon équipe qui n’a pas ménagé sa peine pour que ce moment soit une fête. C’est l’occasion de lui dire, après une première année ensemble, combien je suis fière d’elle et du travail accompli.

Evidemment, en cette veille de finale de Coupe du monde, ma dernière pensée sera pour notre magnifique équipe de France. Merci à tous de votre présence, de votre amitié. Vive la France ! Vive le Mexique ! Vive l’amitié franco-mexicaine

Source – Service Presse Ambassade de France 

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