Dossier – Le phénomène du vol de carburant « Huachicol » enflamme l’Etat de Puebla !

L’Etat de Puebla est l’épicentre du phénomène connu sous le nom de « Huachicol », autour duquel s’est même développée une culture locale avec chanson populaires et figures religieuses portant un bidon et un tuyau en plastique.

Sept trafiquants de carburant, parmi lesquels un dangereux leader de ce trafic, sont morts dimanche au cours d’un affrontement avec des militaires près de la ville mexicaine de Puebla (centre).

Ces siphonnages clandestins de combustible, commis par des groupes criminels parfois liés aux cartels de drogue, coûtent environ deux milliards de dollars par an à la compagnie pétrolière nationale Pemex.

Sept trafiquants de carburant tués lors d’un affrontement

Le commando était en train de voler l’essence d’un camion citerne lorsque des militaires qui effectuaient « une patrouille dans le secteur les a découverts », a expliqué une source, ayant requis l’anonymat, au sein du parquet de Puebla.

« Les malfaiteurs ont commencé à affronter les militaires qui les ont repoussés. La plupart des corps ont été laissés en dehors du véhicule qu’ils utilisaient et qui présente de multiples impacts de projectiles d’armes à feu », a précisé la même source. « Il y a sept morts, tous des délinquants présumés, parmi lesquels un individu jouant un rôle clé », a confirmé une autre source au sein du parquet.

Parmi les morts se trouve l’autoproclamé « Comandante 30 » (Commandant 30), le protagoniste présumé de vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, dans lesquelles il menace des bandes rivales et des commandants de police. Il est par ailleurs accusé d’avoir assassiné des policiers municipaux dans la région au cours des dernières années.

L’affrontement s’est déroulé dans des champs, près de la ville de Puebla, à environ 120 kilomètres de Mexico. Cette région connait un important trafic d’essence et de gaz.

Une activité fort lucrative avec la hausse des prix des carburants depuis 2015.

Depuis un an et demi, le travail coordonné de l’armée, la police et le parquet a permis de saisir plus de 8 millions de litres de carburant dans une trentaine de communes où passent des oléoducs de l’entreprise publique Petróleos Mexicanos (Pemex), selon les données des autorités locales.

Les oléoducs sont fréquemment pillés par de violentes bandes criminelles qui se disputent des territoires. Ces affrontements ont fait de nombreux morts. Selon des chiffres officiels, le nombre de prises clandestines de carburants sur les pipelines de Pemex est passé de 2.612 en 2013 à 6.873 en 2016, ce qui a engendré des pertes s’élevant à des millions pour l’entreprise.

Des groupes criminels, parfois liés au redoutable cartel de drogue des Zetas, ou de simples familles se dédient à cette activité illégale: ils creusent un trou, percent les canalisations, y plongent un tuyau et remplissent des barils. Certains enfants se chargent de surveiller les alentours et d’alerter en cas de présence de policiers ou militaires.

En échange, ils reçoivent un salaire pouvant aller jusqu’à 500 dollars mensuels, une somme considérable au Mexique. Le cas échéant, ils peuvent aussi servir, ainsi que les femmes, de boucliers humains lors d’un accrochage avec les forces de l’ordre.

Complicité de responsables locaux

Face à cette situation, beaucoup de stations-service ont dû mettre la clé sous la porte, ce qui n’a fait qu’alimenter davantage encore le marché noir. Les enquêtes menées pour lutter contre cette activité illégale ont mis en évidence la complicité de certaines autorités locales.

Depuis juillet 2015, le directeur et le responsable des opérations spéciales de la police préventive de l’Etat de Puebla sont sous les verrous pour complicité de vol de carburant. Deux policiers municipaux ont été interpellés en 2017, accusés d’avoir escorté un chargement de 15 000 litres de combustible volé.

La présidente de l’association des détaillants d’essence des Etats de Puebla et Tlaxcala, Luz Maria Jiménez, dénonce de son côté cette « concurrence intenable » pour des entrepreneurs légaux qui eux doivent « payer des impôts et des salaires ».

Sources – RFI et Agences

 

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