Michoacán – Uruapán et sa région, nature et tradition artisanale !

Uruapan signifie “l’endroit où tout fleurit” en purépecha, et pour cause, cette région du Michoacán est réputée pour ses productions d’avocats, une végétation luxuriante et ses grandes forêts de pins à perte de vue. Uruapan c’est aussi une ville de tradition artisanale d’importance tout comme les villages aux alentours spécialisés dans la confection d’objets de décoration en laque d’Olinala.

Se rendre à Uruapan

Uruapán, située à 1,620m d’altitude est la deuxième ville la plus peuplée de l´Etat du Michoacán. Localisée à 52km de Pátzcuaro et 102km de Morelia, on y parvient en voie directe par l’autoroute Morelia-Pátzcuaro-Uruapán.

Autre manière d’y parvenir est d’emprunter la route fédérale # 15, en prenant l’embranchement à hauteur de Carapán, qui vous fera passer par les villages de Chéran, Aranza, Paracho et Capácuar. Au loin, apparaît le volcan Paricutín, dont une violente éruption a eu lieu le 20 février 1943. Aujourd’hui, on peut visiter les vestiges du temple de San Juan Parangaricutiro, couvert par la lave comme une partie du village. Cette route permet aussi de connaître les villages de Zacán, Peribán, Los Reyes et Zamora.

L’artisanat réputé d’Uruapan

Outre sa végétation luxuriante, et ses forêts de pins denses, Uruapan est connu comme le « berceau de la laque d’Olinala ». Celle-ci repose sur une technique qui remonte à l´époque précolombienne qui consiste à recouvrir chaque pièce de l’objet à décorer, par un mélange d´huiles d´origine végétale et animale avec des minéraux pulvérisés. Au moment du séchage, on obtient une surface dure et lustrée sur laquelle on dessine les motifs décoratifs avec différentes couleurs selon les besoins.

En général, cette technique s’utilise pour la vaisselle (tasses, assiettes), des masques et surtout des coffrets et autres objets en bois. Les résultats obtenus appelés « maque » montrent la maîtrise exemplaire et la sensibilité artistique des artisans des quartiers d’Uruapán.

Visite de la ville d’Uruapan

À l´arrivée des espagnols, des peuples préhispaniques, parmi lesquels les Purepechas, majoritaires, habitaient la région d’Uruapán. Les moines franciscains ont évangélisé la région. Fray Juan de San Miguel s’est distingué par son travail évangélisateur et d’urbaniste, sa création de quartiers, et par l’unification des peuples d’Uruapán. On le considère comme le fondateur de la ville, en 1534.

Parmi ses multiples attractions, Uruapán possède magnifiques monuments religieux comme “la Paroisse Franciscaine“, qui conserve une partie des murs du XVIIème siècle et une porte plateresque qui originalement était sur la façade principale.

Les chapelles des quartiers de la Magdalena, ou encore les églises de San Francisco (plus connue comme San Francisquillo), San Juan Bautista, San Pedro, San Miguel et Santiago sont aussi dignes d´intérêt.

Outre l’attrait ecclésiastique, dans différents endroits de la ville se trouvent des œuvres d’artistes importants de Michoacán, comme les peintures de Alfredo Zalce à l’école Manuel Ocaranza et à l´hôpital Civil Dr. Jesús Silva ou encore le Mural de Manuel Coronado au Parc National.

Si vous comptez passer plus d’une journée à Uruapan, voici d’autres endroits à connaître :

Le Musée régional La Huatápera : On attribue la fondation de cet ancien hôpital à Fray Juan de San Miguel. La Huatápera fait partie des institutions commencées par Vasco de Quiroga, lesquelles ont été le soutien de la vie sociale, éducative, religieuse et d´assistance des villages de l’ancien évêché de Michoacán. Il combine les styles plateresque et mudéjar. Les fins reliefs de la façade de sa chapelle ont été taillés par des artisans indigènes. L’ensemble compte avec une cour magnifique où se détache une croix de parvis, ainsi qu´une cellule disciplinaire en forme de “L” et un portique, construite avec les matériaux traditionnels de la région : bois, tuiles, pierre volcanique et pierre de carrière. Il abrite aujourd’hui un musée de culture populaire qui possède des belles collections d’artisanat de l’Etat dont de magnifiques laques d’Olinala en cèdre appelées « maque » très réputées dans cette région (ouv. 9h30-13h30 et 15h30-18h, mar-dim, entrée libre). De nombreux stands d’artisanat sont présents dans la cour.

Le marché des “Antojitos”: Tous les mets de la région peuvent se savourer dans cet endroit typique situé derrière la Huatápera. Les installations sont hygiéniques et les prix accessibles. Allez-y sans risque… Avec un peu de chance, vous pourrez déguster en écoutant de la musique.

Le temple de Saint Francisco : Ses origines remontent à la fondation de l’ensemble hospitalier qui a donné origine à la ville. Bien qu´il a été l’objet de plusieurs restaurations, il conserve à l’arrière une façade plateresque admirable. Pendant les fêtes de Pâques, de nombreuses femmes préparent les célébrations sous forme de décorations ou d’objets pour les différentes messes.

La Place des Martyrs : elle fait face au temple de San Francisco, et prend son nom du monument érigé là en 1893 pour hommager la mémoire des Martyrs d’Uruapán, cinq républicains, entre autres les généraux Carlos Zalazar et José Maria Arteaga qui y furent sacrifiés par les armes impérialistes le 21 octobre 1865. On y trouve le plus grand marché d’artisanat d’Amérique Latine chaque année à partir du samedi des Rameaux pour une dizaine de jours.

Le Musée municipal “Eduardo Ruiz”: Il exhibe divers objets préhispaniques et d’époques postérieures, ainsi que des photographies, des imprimés, des manuscrits et d´autres affaires qui ont appartenus à l´historien et écrivain Eduardo Ruiz, natif d´Uruapán. Le musée partage l´immeuble avec la Maison de la Culture de la Ville. Au rez-de-chaussée, on y trouve une exposition sur l’artisanat et le travail de la « maque ». Les heures d’ouverture sont aléatoires, mais l’entrée est libre.

Le Parc National “Eduardo Ruiz”: C’est l’unique parc national qui se situe à l´intérieur d’une ville au Mexique. Le fleuve Cupatitzio y prend naissance. Cupatitzio veut dire en langue purépecha, “fleuve qui chante”. Ce fleuve est connu pour la beauté de sa flore, ses eaux cristallines et pour la légende de “La Rodilla del Diablo” (le Genou du Diable) que les enfants de l’endroit racontent. C’est un modèle d’architecture paysagiste par ses chemins ombragés, ses ponts, ses cascades et ses parterres de fleurs. Il est ouvert tous les jours de 8h à 18h, pour 12$ par adulte et 5$ par enfant de moins de 9 ans. C’est un très beau parc que l’on recommande de connaître dans la semaine car il est particulièrement encombré les week-ends. Comptez 2 à 3h pour en faire le tour et profiter de la nature.

Le marché d’artisanat : Il se trouve en face du parc National. On offre évidement une grande variété d’objets de bois laqués, des paniers de la région et beaucoup d´autres artisanats des villages proches, comme des objets décoratifs, textiles et des instruments musicaux, incluant les guitares de Paracho connus internationalement. Il est ouvert tous les jours de 9h à 18h.

La maison la plus étroite du monde : endroit original à connaître en sollicitant la visite à la maison d’en face, elle est située rue M.Trévino entre Amado Nervo et Izaac Ariaga. Elle est ouverte de 9h à 14h et de 16h à 18h, pour un prix de $10.

Les environs d’Uruapan

Paracho

À 38km d’Uruapán et à 2,200 m d’altitude, ce village tire un légitime orgueil des violons et des guitares qui sortent des ateliers de ses luthiers. C´est le centre du Plateau Purépecha. Avant d’y arriver, il nous semble déjà entendre les sons harmonieux de guitares et d’instruments à corde que l’on y fabrique et qui sont reconnus mondialement grâce à leur excellente qualité. Vous y trouverez aussi une grande variété d’objets d´usage quotidien, d´ornement et des jouets traditionnels en bois. Pour $19, les bus de la compagnie purhépecha vous y emmènent toutes les 15 mn depuis le Central d’Uruapán.

Pour les amateurs de guitare, cela vaut vraiment le détour. Essayez d’y être la deuxième semaine d’août pour y célébrer la Foire National de la Guitarre.

Les ateliers artisanaux sont très nombreux et on vous recommande la visite de la Maison de la Culture qui comprend le CIDEG (Centre de recherche et développement de la guitare) et le musée de la guitare (derrière le marché, au bout de l’avenue Hidalgo).

Quant au village lui-même, la place centrale avec son kiosque et l’église San Pedro sont deux endroits à connaître.

Santiago Tingambato

Sur la route qui va de Pátzcuaro à Uruapán, à 37km de la ville lacustre, se trouve la localité de Santiago Tingambato. Vers le côté sud se situe la zone archéologique appelée “Tinganio”, ancien nom qui, en Purépecha, vient de “tinanio” et se traduit comme “le lieu de la tiédeur”, en référence surtout au climat.

Selon les archéologues, cet endroit est antérieur à ceux fondés par les Tarasques et montre deux étapes de construction. Une première étape qui pourrait se situer de l’an 450 à l’an 600 de l’ère chrétienne, pendant laquelle commence le peuplement et la construction du centre cérémonial Et une deuxième étape de l’an 600 à l’an 900 après J.-C. avec une forte influence de la civilisation de Teotihuacán.

C’est une ville préhispanique qui distingue espace religieux et espace civil administratif. On peut également voir une architecture funéraire avec un nouveau style et on trouve des indications d’échanges avec des peuples étrangers pour le culte, le marché, les festivités et la production artisanale.

Dans la ville de Santiago, on vous recommande de visiter le Temple de Santiago Apostol qui date du XVIIème siècle.

Anagahuan et le Volcan Paricutín

Anagahuan est un village pittoresque fondé avant la conquête qui se trouve à 37km d’Uruapán. C’est un lieu de la Sierra de Michoacán qui a su conserver son aspect original, avec des maisons de bois (Trojes) aux toitures de “tejamanil”.

À cet endroit on y trouve la “Chapelle de l’Hôpital”, de style mauresque datant de la moitié du XVIème siècle, avec une croix de parvis en pierre, une œuvre très belle avec l´empreinte propre des mains indigènes. On peut également visiter le temple paroissial de Santiago Apóstol, datant du XVIème siècle de style plateresque. Un bus vous y emmène toutes les 15 mn depuis le Central d’Uruapán (45 mn de trajet).

C’est à partir de ce village que vous pouvez louer les services d’un guide pour vous rendre au sommet du volcan Paricutín et aux ruines du village de San Juan Parangaricutiro, lequel est resté emmuré sous la lave, après l’éruption de 1943 (seul le haut de l’église n’a pas été enseveli). L’ascension du volcan peut se faire à pied, mais elle est assez longue. Une possibilité à cheval vous est offerte depuis le village enseveli, puis à pied jusqu’au sommet (45 mn de plus).

Paricutin

Le volcan Paricutín est un volcan récent qui culmine à 2,800m. En haut du volcan, le spectacle gris lunaire en contraste avec la belle végétation est impactant.

Il se situe après le nouveau village de San Juan Nuevo Parangaricutiro, construit à 17km d’Uruapan, en 1944 après l’éruption du volcan Paricutín. Tancitaro et les 250 petits volcans. Proche de Parangaricutiro, se trouve l’autre volcan, Tancitaro, à 3,850m d’altitude. Il est entouré lui-même de plus de 250 petits volcans.

La rédaction – (www.legrandjournal.com.mx)

Tourimex Banner