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Portrait – Vanessa Rybicki, l’expatriation en musique ! (Videos)

Le Grand Journal a rencontré chez elle à Mexico Vanessa Rybicki, Franco-polonaise qui baigne depuis sa prime jeunesse dans le Mexique et de ses traditions musicales… Portrait.

« La première fois que je suis venue au Mexique j’avais 14 ans. Je venais voir ma sœur qui s’était mariée ici, c’était très famille ! Deux ans plus tard je suis revenue pour passer l’été chez elle, et après ce séjour je n’arrêtais pas de répéter à me parents “je vais partir vivre au Mexique”, on ne m’a pas beaucoup cru à ce moment, mais je n’ai pas lâché l’affaire ! J’ai passé mon bac et je suis partie. »

S’ensuit pour elle une dizaine d’années d’aller-retours entre les deux pays, entre boulot et études… Après un bac ce sera une licence en ethno-musicologie, une école de chant puis enfin un master en Gestion Culturelle…

« C’est classique, entre 20 et 30 ans il y a plein de trucs qui t’intéressent. Tu commences à faire une chose, puis une autre, sans savoir très bien où ça va te mener… Comme en plus je naviguais constamment entre les deux pays, on peut dire que mon parcours n’a pas suivi une ligne très droite pendant 10 ans ! Ce n’est que maintenant que je trouve un sens dans tout ça, et que je me rends compte que les diverses expériences que j’ai eues me servent énormément ! »

« Totalement immergée dans la musique Jarocha »

Mais si on doit trouver un dénominateur commun dans cette débauche d’activités, ce sera bien sûr la musique…

Arrivée à Xalapa (capitale de l’état de Veracruz) où vivait alors sa sœur, Vanessa se laisse emporter par le rythme de la musique traditionnelle locale, le fameux son Jarocho*… jusqu’à basculer dans un univers de fandangos et de décimas dont elle deviendra bientôt l’actrice.

« Dès que je suis arrivé à Xalapa, j’ai été totalement immergée dans la musique Jarocha ! A l’époque, vers 1995, c’était surtout à la Tasca (bar-concert bien connu des noctambules, ndlr) que ça se passait… c’était notre bureau à tous !

J’ai commencé à chanter avec le groupe Son de Madera, on a eu des concerts vraiment sympas, à la Guelaguetza d’Oaxaca, au Cervantino de Guanajuato et dans des lieux cultes à Mexico… J’ai appris à danser à jouer de la jarana (guitare typique du son, ndlr)… Une petite française qui chantait du Son traditionnel ça ne passait pas inaperçu ! Et dans l’ensemble ça plaisait bien… Il faut dire que mon amoureux était sonero, ce qui aide quand même pas mal pour l’intégration. »

A son retour en France elle montera son groupe, « La Sombra », très influencé par la musique mexicaine. Ce sera également l’occasion de se frotter au monde de l’évènementiel :

« Comme tout groupe qui débute nous devions nous-mêmes faire notre promo, chercher des dates… J’y ai vite pris goût et quand le groupe s’est séparé j’ai continué à faire ce travail, mais pour les autres! »

Dans le microcosme latino de Paris , Vanessa se concentre sur les évènements de la petite communauté mexicaine :

« A Paris, tout le monde se connait, les gens intéressés par la culture mexicaine se rejoignent très vite. J’ai vu beaucoup de concerts, connu beaucoup de groupes… cette période m’a énormément servi ! »

« Faire tourner des groupes, les faire venir en France… ce serait génial ! »

L’expérience acquise, couplée a un excellent sens des relations humaines, permettra à Vanessa de se greffer sur des projets culturels au Mexique, comme le festival Cumbre Tajín de Papantla (voir article du Grand Journal) ou bien encore les évènements organisés par la compagnie Les Petits Français, du célèbre producteur Martin Arnaud.

Pour expliquer au commun des mortels la nature exacte de sa profession elle préfère oublier le terme assez opaque de « coordinatrice logistique » pour se décrire comme « Mam’ageuse »: un tendre mélange entre « maman » et « manageuse »…

« Mam’ageuse ça me va très bien ! Mon boulot c’est de m’assurer que les groupes ou l’équipe technique aient tout ce qu’il leur faut… Il faut que tout soit fluide : que le chauffeur soit là à l’heure à l’aéroport, que les réservations d’hôtel soient faites, bref, que tout roule et que chacun se sente à l’aise!

Je dois anticiper les problèmes qui peuvent se produire, réagir vite et trouver des solutions… Pour ça il faut être extrêmement adaptable et polyvalent. »

Depuis peu de temps, elle est également manageuse du groupe jarocho Sonex que le Grand Journal vous avait fait découvrir en images lors du Festival de Zacatecas (voir vidéo), des amis de longues dates connus à Xalapa…

« Tous les membres de Sonex viennent d’autres groupes de Son, un jour ils se sont rassemblés avec l’envie de dépoussiérer le genre, de moderniser le patrimoine culturel jarocho… Je les adore, ce sont comme des petits frères ! Pour travailler avec un groupe j’ai besoin d’apprécier sa musique et qu’humainement le courant passe, j’aime le côté tribu », admet-elle.

Son rêve, se serait de ne faire que ça… « Faire tourner des groupes, les faire venir en France… ce serait génial ! On a failli faire jouer Café Tacvba à Paris il y a quelques temps, et puis au dernier moment c’est tombé à l’eau… Avec Sonex à mon avis il y a clairement quelque chose à faire… »

Mais au fait, pour vivre au final, ce sera la France ou le Mexique ?

« Ça fait 16 ans que je vis entre les deux… maintenant j’ai envie de me poser, de construire un truc… Je veux m’installer définitivement au Mexique. Tu vois, on est bien là », dit-elle en embrassant du regard son petit jardin au cœur du quartier de Coyoacán, avant de terminer sur une très sage considération apocalyptico-tropicale :

« Et puis tu sais, si ils nous restent vraiment deux ans à vivre comme le disent les mayas, je préfère les passer ici, il fait moins froid ! »

*l’adjectif “jarocho” désigne, au Mexique, ce (personnes ou autres) qui est originaire de la région de Veracruz.

Nicolas Quirion -(legrandjournal.com.mx)

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