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Dossier – La Police Fédérale s’oppose á la Garde Nationale d’AMLO !

Une semaine après le début du conflit avec la police fédérale, le gouvernement du Mexique dit avoir obtenu un accord avec les agents opposés au remplacement de la Police fédérale par une nouvelle force de sécurité appelée Garde nationale.

Plusieurs centaines de policiers, cependant, rejettent les solutions proposées et prétendent maintenir le bras de fer.

Dans un communiqué publié lundi soir, le Secrétariat à la sécurité publique et à la Protection citoyenne (SSPC) a présenté les détails de l’accord conclu avec les représentants du mouvement social au sein de la Police fédérale (PF). Cet accord prévoit que les agents mettent fin à la grève, aux manifestations et aux blocages routiers qui émaillent le Mexique depuis la semaine dernière.

En échange, le gouvernement a réaffirmé par écrit son engagement à ne procéder à aucun licenciement et à préserver dans leur intégralité les salaires, prestations sociales et avantages d’ancienneté de la totalité du personnel de cette corporation appelée à disparaître au profit de la nouvelle Garde nationale (GN).

Cette dernière a d’ores et déjà commencé à opérer, principalement à la frontière sud et dans les quartiers sensibles de la capitale. Près de six cents policiers, cependant, ont fait savoir par le biais de leur représentant, l’avocat Enrique Carpizo, leur opposition à cet accord.

Un salaire mensuel moyen de 4600 pesos !

La contestation a débuté mercredi dernier, lorsqu’un groupe de policiers fédéraux a commencé à attirer l’attention sur son refus de faire partie de la nouvelle GN, de peur de perdre un certain nombre de prestations sociales et au vu du fait que les éléments issus des forces armées, majoritaires au sein de la GN, n’ont pas eu à passer les examens d’entrée auxquels le gouvernement prétendait les soumettre en tant que postulants issus de la police.

Les grévistes souhaitent également recevoir une augmentation salariale, compte tenu du fait que le salaire mensuel moyen d’un policier fédéral au Mexique, primes et prestations sociales mis à part, se situe actuellement à 4600 pesos par mois (240 dollars).

Les fonctionnaires exigent également la restitution d’un avantage appelé “prime d’opérativité”, d’un montant de 9800 pesos mexicains (510 dollars américains), qui leur était attribué au bout de vingt-cinq jours passés sur un théâtre d’opérations.

Certains éléments ont dénoncé des pressions de l’administration gouvernementale pour les obliger à rejoindre la GN et disent avoir été menacés de licenciement.

La GN a été créée par le gouvernement d’AMLO – élu en juillet 2018 – dans l’objectif d’endiguer la spirale de violence qui a fait plus de deux cent mille morts dans le pays au cours des douze dernières années.  Cependant, ses premières opérations se sont focalisées sur la lutte contre l’immigration irrégulière en provenance d’Amérique centrale, sous la pression de l’administration Trump, qui voit cette dernière comme un facteur central d’augmentation de la criminalité aux Etats-Unis.

AMLO, qui ne partageait pas cet avis en tant que candidat présidentiel, en a fait autrement une fois au pouvoir, alors que le président étasunien agite constamment la menace des droits de douane à l’encontre des produits d’exportation mexicains.

AMLO: les policiers fédéraux “pas à la hauteur”

Au cours de cette semaine de manifestations, le président Andrés Manuel López Obrador a disqualifié ce mécontentement, affirmant que les éléments de la PF ne se comportaient pas “à la hauteur des circonstances”. “Au lieu de montrer l’exemple en matière de professionnalisme et de discipline, cette institution se permet de se rebeller et descendre dans la rue. Tout cela a réaffirmé notre conviction concernant la nécessité de créer la Garde nationale », a-t-il déclaré.

Le mouvement, selon AMLO, manque dès le départ d’une “cause légitime”. “Nous n’avons licencié personne, nous n’avons réduit aucun salaire, aucune prestation”, a-t-il affirmé. Le conflit, d’après le chef de l’État, aurait surgi “pour des raisons autres”.

Peut-on parler d’une “main invisible” ?

AMLO et son gouvernement ont profité d’un appel de certains éléments à impliquer l’ex-président Felipe Calderón (2006-2012) dans le mouvement en tant que représentant syndical pour dénoncer la “main invisible” d’acteurs politiques désireux de déstabiliser l’actuel gouvernement.

Le budget de la PF a fortement augmenté sous le mandat de Calderón, de même que les abus, montages et exactions attribués à cette corporation (voir notamment l’affaire Florence Cassez). M. Calderón, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, a nié toute implication dans le mouvement.

Le gouvernement mexicain a réaffirmé son engagement à ne procéder à aucun licenciement au sein de la PF, et à ne rien changer en termes de salaire, ancienneté et prestations. Celui-ci propose neuf alternatives de transfert au personnel de la PF, dont le Service de protection fédéral (sécurité des immeubles gouvernementaux), la police migratoire et la Commission nationale de recherche des personnes disparues (qui sont officiellement plus de 37 000 dans le pays).

Les policiers peuvent également négocier leur départ de la fonction publique, à la suite duquel ils auront le droit de toucher une partie de leurs primes de Noël et de vacances, et de solliciter le retrait de leur capital-retraite.

Un groupe d’environ six cents policiers fédéraux a annoncé qu’il ne reconnaît pas la légitimité des représentants qui ont signé l’accord portant sur la suppression progressive de la PF et la transition vers la GN.

Dans un message diffusé depuis le Centre de commandement de la PF à Mexico, ceux-ci ont affirmé que l’accord obtenu ne représente pas les attentes de la majorité des policiers contestataires, annoncé la poursuite des manifestations et demandé à être reçus par AMLO.

Clément Detry – (www.laprensafrancesa.com.mx)

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